Frédérik de Kastelweg

·

·

En 1515, un jeune héritier nommé Charles d'Autriche, plus tard connu sous le nom de Charles Quint, assume la suzeraineté sur la couronne bourguignonne à l'âge de 15 ans. À 16 ans, il orne son royaume des joyaux de l'Espagne, restaure rapidement les armoiries de Bruxelles et en fait une capitale qui accueille les prestigieux États généraux des Pays-Bas espagnols. Charles domine de vastes territoires, englobant l'Italie, la couronne impériale du Saint-Empire romain germanique et les colonies naissantes des Amériques, forgeant ainsi l'un des empires les plus étendus de son époque. Bruxelles brille d'un nouveau prestige.

La ville devient un phare, attirant nobles et caïnites étrangers. Le catholicisme fervent de Charles Quint laisse entrevoir l'influence de Lasombra ou de Ventrue dans son entourage, plusieurs Lasombra arrivant à Bruxelles à cette époque.

Cependant, lorsque Charles Quint abdique, un mécontentement latent couve aux Pays-Bas et à Bruxelles. Les Ventrue de Belgique et de Bruxelles s'irritent de la présence clandestine des Lasombra, ce qui déclenche un conflit d'ambitions qui se transforme en guerre de religion.

Bruxelles voit défiler des troupes de loyalistes espagnols, de catholiques et de protestants, engagés dans une bataille d'influence à plusieurs niveaux. Frédérik de Kastelweg, un riche Ventrue flamand, soutient les protestants, tandis que des rumeurs font état de l'aide apportée par les Toréador aux Ventrue flamands. Guy de Bourgogne saisit l'occasion, étendant sa domination à Bruxelles, tandis que l'absence de Ludmilla suscite des spéculations. Certains disent qu'elle a observé les événements, d'autres qu'elle était en sommeil ou en voyage. Aucune certitude n'est possible.

Le conflit a donné naissance à l'indépendance des Pays-Bas du Nord et d'une partie de la Belgique actuelle, Bruxelles reprenant son rôle de siège du gouvernement des Pays-Bas espagnols.

Un désir débridé

Dans les rues animées d'Anvers, la famille de Kastelweg a prospéré en tant que marchands influents. Mon père, Dirk, faisait le commerce de trésors provenant des coins les plus reculés du monde. Les épices exotiques d'Inde, les soies et velours opulents d'Italie et les métaux précieux de Liège remplissaient nos coffres. Nous nous délections de l'opulence, mais il y avait un attrait plus sombre sous la surface.

J'ai reçu une éducation précoce acharnée qui m'a permis de parler couramment sept langues. Parée de vêtements extravagants, notre famille était un symbole d'élégance. Je me délectais de la décadence, savourant des nuits de plaisir enivrants, où nos apparences bien coiffées et nos jeux scandaleux ne connaissaient pas de limites.

Cependant, notre destin a pris une tournure sombre lorsque l'ombre sinistre de la syphilis s'est abattue sur mon frère aîné, Kruif. Sa vie a pris fin de sa propre main et j'ai été le premier à découvrir son corps sans vie au bout d'une corde. L'image obsédante de son corps sans vie tourmente encore ma mémoire.

La disparition tragique de Kruif m'a placé dans le rôle de dernier espoir de la famille. Mon père, craignant mon penchant pour le clergé, tenta en vain de me guider. J'ai néanmoins entrepris un pèlerinage spirituel à Rome en 1517.

Là, dans les rues pavées de Wittemberg, j'ai rencontré une foule à l'extérieur de l'église de Tous les Saints, où les 95 thèses de Martin Luther étaient distribuées avec ferveur. Les yeux enflammés, j'ai lu à haute voix les proclamations radicales de Luther à l'assemblée enthousiaste.

8. Les canons de la pénitence ne s'appliquent qu'aux vivants et, selon eux, rien ne doit être imposé aux morts.

10. Les prêtres qui, au moment de la mort, réservent les canons pénitentiels pour le Purgatoire agissent mal et de manière inintelligente.

13. La mort nous libère de tout ; les mourants sont déjà morts aux lois canoniques, qui ne s'appliquent plus à eux.

19. Il n'est pas non plus prouvé que toutes les âmes du Purgatoire soient parfaitement assurées de leur béatitude, bien que nous en soyons nous-mêmes pleinement assurés.

22. En effet, le pape ne remettrait pas aux âmes du Purgatoire d'autres peines que celles qu'elles auraient dû subir en cette vie en vertu des canons de l'Église.

Ce fut un éveil, une révélation qui transforma l'essence même de mon être. Mon frère n'allait pas brûler dans les flammes de l'enfer.

De retour à Anvers, je me consacre à la cause des réformateurs. Le vent du changement soufflait sur l'Europe et la famille de Kastelweg a reconnu l'immense potentiel de cette révolution religieuse. La Réforme protestante, bouleversement tonitruant de la foi et des idéaux, est devenue le phare qui a guidé mon ambition et mon sombre destin.


L'année 1695, année sismique, déclenche un autre cataclysme : sous la domination espagnole, Bruxelles subit un siège brutal de la part de Louis XIV. Les Toréadors, qui agissent sous le manteau du roi de France, cherchent à paralyser les Ventrues de Belgique, chuchotant sur des transactions clandestines impliquant des œuvres de Rubens. Le règne de Charles Quint, le siège de Bruxelles et les intrigues caïnites ont laissé une trace indélébile où le pouvoir, l'ambition et la lutte pour la domination se sont déployés sur un fond d'histoire à la fois mortelle et immortelle.


📨 Ça vous a plu ? Lancez-vous gratuitement dans l'univers des jeux de rôle sur table

Recevez Hubris à Fort-Graven directement dans votre boîte mail

Un one-shot complet de jeu de rôle sur table pour débutants. Gratuit. Sans condition.

Joue à Fort-Graven maintenant !

Nous ne spammons pas ! Plus sur ce sujet dans notre politique de confidentialité.


Laisser un commentaire

fr_FRFrench

En savoir plus sur Zero Cooldown

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Continuer la lecture